Touristes Of Chaos
Salut !
ToC semble ne bien mauvais état mais n'ait crainte : Il se prépare une nouvelle version à une nouvelle adresse pour un nouveau départ !
(Ce qui fait beaucoup de nouveautés du coup)
Restez à l'affut, bientôt la renaissance !
Touristes Of Chaos

Forum Role Play
 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  

Partager | 
 

 Chroniques de l'Ère Sixième

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2
AuteurMessage
bonzo
Bonzo


Messages: 1508
Date d'inscription: 28/05/2009
Age: 26
Localisation: Hausse 95, azimut 34, distance 850 mètres.

MessageSujet: Re: Chroniques de l'Ère Sixième   Dim 17 Avr - 0:45

Je sais que je laisse pas beaucoup de temps à ceux qui me lisent pour digérer l'épisode précédent, mais je veux poser une base pour mieux construire la suite. Si je continue à faire quelques chapitre tous les deux ans, j'irais encore pas au bout de mon trip. Sur un autre forum je m'en foutrais un peu, mais là c'est mon territoire, mon background et mes persos. Je dois faire les choses jusqu'au bout et les faire bien... Et pour le coup, je fais long.

04. Au service de l'Ordre.

La soirée avait été longue pour le tout jeune Maître Arim. Son introduction avait laissé place à ce qu'il convenait d'appeler une fête, du moins sur l'Île de l'Aube. Les Doyens avaient quitté leurs trônes pour rejoindre le buffet et porter un sobre toast. La plupart d'entre eux s'étaient contenté de ce seul verre et, après une dernière volée de félicitations, s'étaient retirés. Maître Skogam avait discuté avec certains de ses supérieurs avant de rejoindre son nouveau frère de rang, vite accaparé par les Chasseurs de Nécromanciens. Loin de la réserve des meneurs de l'Ordre, ces derniers avaient fait honneur à l'occasion tant qu'aux préparatifs. Le sorcier ventripotent n'avait pas été de trop pour les aider à faire un sort au buffet et au petit stock d'alcool.

Le lendemain Arim s'éveilla en sursaut. La tête lourde, l'esprit embrumé, il mit quelques seconde à réaliser d'où venait les légers coups de cannes que recevaient ses jambes. Quoi de pire pour entamer une gueule de bois que la vision d'une gueule de vieux Gobelin ? Le faciès vert et ridé de Karish, le maître d'hôtel du Havre Supérieur, se dessina lentement à travers le brouillard de sommeil et de vapeurs d'alcool. Son visage semblait de pierre, ses yeux semblables à de fines cicatrices sous ses épais sourcils froncés. Visiblement Arim ne faisait pas bonne impression pour son premier jour dans cette chambre. Le jeune sorcier dressa assis sur son lit, portant une main à son front. Le mouvement avait entraîné un balancier dans son crâne, qui cognait durement dans tous les sens.
" Le lit est-il à votre convenance ?
- J'ai vomi ? balbutia l'Humain.
- Non, fort heureusement pour vous.
- Soif.
- Je m'en doute. "

Toute sévère qu'était son expression, Karish claudiqua jusqu'au bureau pour y servir une coupe d'eau fraîche. Il l'amena à Arim qui la prit d'une main mal assurée. Ses paupières étaient lourdes, son estomac en ébullition et sa bouche affreusement sèche. Il avait sans doute bu plus que de raison, puis continué sur cette voie encore plusieurs litres. Il porta la coupe à ses lèvres pour l'en écarter avec une grimace. le Gobelin répondit d'un coup de canne dans la jambe.
" Buvez ! ordonna-t-il sans hausser la voix. Cela ne vous fera que du bien. "

Arim obéit alors que son hôte poursuivait. À mesure qu'il vidait sa coupe son esprit se faisait plus vif. Assez pour suivre le discours du Gobelin en se demandant quel potion il était en train d'ingurgiter.
" À l'avenir je vous prierais de rentrer assez sobre pour vous coucher seul. Vous compagnons de cette nuit étaient aussi bruyants qu'ignorant du savoir-vivre. Ce sont eux qui vous ont porté jusqu'à votre couche. Pour cette fois je vous fait grâce des remontrance. Mais pour cette fois uniquement. Est-ce bien clair ?
- Limpide. "

L'état du jeune homme empirait de seconde en seconde. Maintenant une enclume semblait grossir dans son crâne comme pour la faire éclater. Une véritable tempête se déchaînait dans ses entrailles, lui liquéfiant les tripes, lui nouant l'estomac et lui brûlant la gorge. La sensation de ses vêtements souillés de sueur grasse était aussi insupportable que les rayons du soleil, qui se glissaient entre les volets jusqu'à son visage. Sans compter que le breuvage du Gobelin avait un goût affreux. Malgré tout son savoir alchimique Arim ne parvenait pas à en reconnaître les ingrédients.
" Qu'est-ce que j'ai bu ? balbutia-t-il.
- Une purge. "

Il leva soudain de grands yeux surpris vers Karish, toujours imperturbable. Était-ce une mauvaise farce réservée aux nouveaux venus ? Ce faible espoir fut bien vite balayé par une sensation de picotements à l'abdomen et un grognement lointain, venant du plus profond de ses boyaux. Le jeune sorcier se leva d'un bond, chancela sur place pour établir un équilibre précaire. Alors qu'il se tournait vers la porte, le Gobelin tendit sa canne pour lui barrer le passage.
" La Doyenne Ajarielle vous a fait demander, je vous conseille donc de vite retrouver vos esprits et de prendre un bain. Les latrines sont au fond du couloir. Vous n'avez que cinq minutes pour les atteindre. Si vous échouez je vous ferais personnellement nettoyer ce que vous n'aurez pas su retenir. Souvenez-vous que le Havre Supérieur n'est pas une auberge pour jeunes ivrognes. Avez-vous tout compris ?
- Oui ! glapit Arim.
- Alors répétez !
- Je picole plus avant de venir. Je fonce aux latrines. Je lâche rien en route. Je prend un bain. Je vais voir la Doyenne. "

Après une poignée d'interminables secondes, Karish abaissa sa canne. Enfin libre Arim jaillit de sa chambre pour partir à travers le couloir. Si la méthode du Gobelin était peu délicate, elle avait le mérite d'être efficace. Une fois "purgé" de ses abus de la veille, Arim regagna sa chambre l'esprit clair et le cœur battant encore la chamade. Il y trouva des vêtements propres ainsi qu'une solide collation qu'il s'empressa d'engloutir. Le temps de faire une toilette rapide, de se vêtir et de retrouver sa canne il se mettait en route pour la quartier de le Doyenne Ajarielle.

En quittant le Havre Supérieur, Arim réalisa à quel point le jour était bien entamé. Il avait dormi jusqu'à midi, selon son calcul le plus optimiste. Le ciel était sans nuage, l'air chaude sans le moindre souffle de vent. Une journée d'été sur l'Île de l'Aube qui ne connaissait que cette saison et un printemps parsemé de tempêtes. L'empressement du jeune sorcier avait chassé de son esprit des questions qui profitaient de la marche pour revenir. Pourquoi était-il convoqué ? Et pourquoi la Doyenne Ajarielle ? Mis à part sa réplique lors de son introduction elle n'avait manifesté beaucoup d'intérêt pour lui. Pas plus que les autres en fait. Peu de sorciers atteignaient le rang de Maître, un par décennie dans les périodes les plus fastes. Plus rares encore étaient ceux qui y arrivaient avant la trentaine. Pourtant les Doyens s'étaient contenté de félicitations tout juste polies.

Un jeune maître n'était sans doute pas digne d'un grand intérêt. Il restait un élève. Trop jeune pour enseigner, trop inexpérimenté pour prendre un poste. La plupart rejoignaient les Doyens dans leurs études incessantes, ou rejoignaient leur propre Maître. Quel destin lui avait-on choisi ? Ajarielle voulait-elle le prendre à son service ? Toutes ces question restaient en suspens quand il croisa Maître Skogam. La mine basse, ce dernier sortait du quartier de la mystérieuse femme de magie. Le sorcier ventripotent leva un regard soucieux vers son jeune protégé.
" Karish t'a fait goûter son décapant ?
- Oui. Mais j'imagine que cela n'a rien à voir avec votre air sombre.
- Non, en effet.
- Dans ce cas que vous arrive-t-il ?
- À moi ? Rien. La Doyenne t'attend. "

Sans plus d'explication le maître sorcier reprit sa route. Arim hésita un instant à le retenir mais Skogam s'éloigna rapidement. Levant les yeux vers le quartier de la Doyenne, le jeune homme prit une grande inspiration. Comme souvent les apparences étaient trompeuses. Derrière de hauts murs apparemment sans fantaisie la Doyenne Ajarielle s'était dessiné un véritable havre de paix et de beauté. L'essentiel de l'endroit était constitué d'une grand jardin, à but esthétique plus que pratique. Peu de plantes y étaient utilisable en alchimie, et moins encore pour des potions puissantes. Quelques fontaines et bassins, de grand arbres dont un magnifique saule-pleureur. Aucun banc ni aucun sentier n'était visible sur l'herbe grasse. La face intérieure des murs étaient couverte de lierre et de vigne vierge. Un espace de nature sauvage piégé au sein de l'une des plus formidables constructions des races conscientes.

Arim ne put s'empêcher d'admirer l'endroit. Tout y était opulence, une abondance végétale aux couleurs des terres du nord. Il n'y avait que peu de fleurs. Le vert, doux de l'herbe et sombre des feuilles, dominait avec les teinte de marron des différentes écorces. Un tableau féérique, étrangement mélancolique. Le jeune sorcier mit un certain temps à remarquer la jeune femme qui traversait la densité forestière dans sa direction. Ses fines oreilles en pointe et ses yeux d'un bleu clair en faisaient sans conteste une Sang-Mêlée, lointaine héritière des Elfes de l'Ancien Empire. Ses longs cheveux noirs étaient ordonnés une un épais chignon. Un long bâton de Bois Sombre à la main, elle avançait vêtu d'une robe de laine d'un vert clair, presque fade. Jamais Arim n'avait vu de sorcière de l'Ordre afficher si clairement sa féminité.
" Maître Arim ? hasarda-t-elle.
- Oui, madame.
- Veuillez me suivre. "

Elle le guida à travers la petit forêt, jusqu'à une porte qui semblait moins ouvrir sur un bâtiment que sur quelques grotte creusées dans une colline. L'intérieur du bâtiment était un nouveau contraste du domaine de la Doyenne Ajarielle. À l'air fraîchement humide de son jardin succédait l'exiguïté sombre et glaciale de la pierre. Arim suivit la sorcière à travers un dédale de couloirs étriqués et d'escaliers en colimaçon. Elle s'arrêta devant une lourde porte à laquelle elle frappa sans un mot. Elle s'ouvrit sur trois femme, dont une Gobeline, qui sortir en faisant signe au jeune homme d'entrer. Il obéit d'un pas hésitant.

La pièce était haute de plafond, bien plus que le couloir. Ses murs étaient couvert par des tentures aux teintes de vert et de brun, encadrant garde-robes et commodes de bois vernis. Certaines étaient immanquablement de facture Elfes Noirs, les malles bardées d'acier ne pouvaient êtres que naines au vu de leurs motifs géométriques. Des mannequins étaient alignés au centre, certains portant robes ou tenues complètes, d'autre nus. Peu avant le fond de la pièce, de larges rideaux étaient relevés pour laisser l'accès libre à un paravent de bois laqué.
" Vous pouvez avancer, Maître Arim. Ne craignez rien pour votre vertu, je suis décente. "

La seule voix de la sorcière assécha de nouveau la bouche du jeune homme. Il avança d'un pas ralenti par l'appréhension. Arim réalisait seulement ce qu'il était en cet instant, un jouvenceau invité dans la garde-robe d'une dame. Son trouble n'avait rien de logique. Tous deux étaient des sorciers de l'Ordre de la Lumière. Elle pouvait pas tenter de la séduire, elle n'en avait pas le droit. De son côté il ne pouvait lui succomber. Tous deux perdraient leur rang, et leur vie. Les lois de l'Ordre étaient sans appel concernant les relations intimes. Si certains avaient tenté de les contourner hors de l'Île de l'Aube, ils avaient été découverts et punis en conséquences. Toute Doyenne qu'elle était, Ajarielle devrait répondre de sa faute devant dix-neufs sorciers au moins aussi puissants qu'elle-même. De plus elle étaient bien plus âgée que lui, trop pour ignorer les risques de telles actes.

Le jeune sorcier ne resta pas moins figé quand son regard passa le paravent. La femme austère en robe de bure de la veille n'était pas là. Cette Ajarielle était bien différente. Ses cheveux d'or formaient une marée ondulante d'une incroyable complexité derrière sa tête, un reflet de soleil sur l'océan d'où s'échappait une longue mèche tressée. Ses oreilles étaient percées de chaînettes d'or serties d'éclats de rubis. Elle portait une robe aux bras nus et au dos échancré. Le vêtement de velours rouge épousait à merveille les courbes de ses hanches, soulignaient un ventre plat pour mettre en valeur un décolleté cousu d'or. Il ne réalisa qu'elle le fixait que lorsqu'elle se décida à parler.
" Respirez donc, Maître Arim ! rit-elle. Vous allez vous asphyxier !
- Pardonnez-moi, Doyenne ! lâcha-t-il en baissant les yeux.
- Je m'estime pas offensé, répondit-elle d'une voix douce. Tout au contraire je suis flattée. "

La Doyenne releva le bas de sa robe pour descendre du piédestal où elle se tenait. Arim fixa ses pieds nus qui se posaient sur l'épaisse moquette bordeaux, luttant pour ne pas relever les yeux. La demi-Elfe qui l'avait accueilli l'avait surprise, la Doyenne l'envoûtait littéralement. Une femme comme il n'en avait vu que rarement malgré tous ses voyages en compagnie de son maître.
" Je suis désolée de vous tourmenter de la sorte, Maître Arim. Mais je voulais avoir l'avis de jeune yeux sur ma tenue de soirée. Je suis invitée à la cour de Karasko, par le Maître Garion.
- Je ne le connais pas.
- Et tu as de la chance. Les membres du Conclave des Treize aiment inviter les Doyens aux réceptions malgorianes. C'est un défi constant à celui qui fera craquer la raison d'une haut dirigeant de l'Ordre. Je compte bien montrer à ce débauché ce que je ne lui accorderais jamais.
- Dans ce cas il sera bien puni.
- Inutile de baisser la tête, Maître Arim, reprit-elle après un silence. Cela ne vous empêche pas de rougir. "

Le jeune sorcier releva les yeux aussi vite qu'il le pouvait. Au moins assez vite pour ne pas attarder son regard sur le corps parfait de sa supérieure. Pour son plus grand malheur le sourire de la Doyenne n'était pas moins charmant que le reste. Elle semblait à peine plus âgée que lui, et très amusée par son comportement. Arim avait le souffle court. Depuis son adolescence il avait croisé bien des filles, et bien des femmes. Il avait désiré certaines d'entre elles presque à renier ses serments. Seule la présence de son maître l'avait retenu de se parjurer. Jamais il n'avait été si près d'une femme si désirable. Et il n'avait que le contact lisse et inflexible de sa canne pour lui rappeler ses vœux. Son cœur battait la chamade. Chaque fibre de son corps voulait l'atteindre, la toucher, la sentir, la goûter. Il désirait plus encore. Son regard était comme happé par les yeux de jade de la Doyenne. Elle se pencha sur son épaule, assez près pour le frôler, pour lui faire sentir son souffle sur son oreille.
" Ce n'est pas en détournant les yeux que tu feras disparaître la tentation.
- Alors comment ? parvint-il à articuler. "

Elle se redressa, s'écarta d'un pas d'un déhanché langoureux. San prévenir, elle lui asséna une gifle phénoménale. Arraché à sa transe, le jeune sorcier faillit en perdre l'équilibre. Alors qu'il levait une main pour se masser la joue, elle se détourna de lui partir à travers la pièce.
" Souvenez-vous d'une chose, Maître Arim ! Les femmes font toujours bien de mal aux hommes, et de bien d'autres manières ! Passer sa vie à rechercher un tel tourment ne serait que du gâchis. "

Le ton était devenu glacial. Quand elle se tourna à nouveau vers lui, son sourire avait disparut. Son regard si chaleureux était devenu froid, bien que toujours aussi fascinant. La vie de Maître de l'Ordre était bien une épreuve. En moins d'un jour Arim avait reçu deux leçons cuisantes. Une troisième était déjà en route, moins difficile à endurer car il s'y était préparé toute sa vie durant.
" Vous êtes au service de l'Ordre de la Lumière, Maître Arim ! Et je suis bien consciente d'abuser de votre titre. Vous avez choisi une existence que beaucoup trouvent injuste. Mais elle n'est pas dénuée de grandeur. En tant que Maître, vous devrez entretenir nous science de la magie, et la parfaire. Vous devrez repousser les limites de notre compréhension de l'univers, et apprendre à d'autres quelles voies vous y ont mené.
- Et j'y suis prêt, Doyenne.
- Vous croyez l'être, et fermement. C'est tout à votre honneur mais personne ne peut jurer de son avenir. Je veux que vous compreniez bien quel chemin sera le vôtre. N'importe quel idiot peut besogner une femme, et la première des imbécile peut pondre une famille entière. Mais combien peuvent se vanter d'avoir explorer le Maelström ? D'avoir embrassé les courants des Énergies du Tout et de la Partie ? Le monde où vous êtes né n'est plus le vôtre. Il est devenu votre étude.
- Et je chercherais toujours à percer ses mystères.
- Je suis heureuse de l'entendre, mais ce ne sera pas pour tout de suite. "

Arim fronça les sourcils. Les yeux de jade étaient toujours fixés sur les siens. Il ne s'y noyait plus, il les affrontait.
" Que voulez-vous dire ?
- L'étude n'est qu'une partie du rôle que nous avons à jouer sur cette terre. L'Ordre a bien d'autres tâches à accomplir. Nous conseillons et aidons le Royaume d'Alafia, ainsi que chacun de ses alliés qui en fait la requête. Nous leur offrons des solutions à leurs problèmes, issues de nos connaissances. Nous leurs rappelons à chaque instant que nous sommes présents pour les aider, non pour les corrompre ou les dominer. L'Ére Cinquième a laissé à tous une image bien sombre de la magie.
- Sur le continent chaque Maître et Disciple de l'Ordre œuvre à rendre la vie du peuple meilleure. S'ils se méfient encore de nous, ils ont de moins en moins de raison.
- Quand bien même, certains continuent de se défier de nous. C'est leur droit. Il ne nous sont aucune menace, et nous ne les aidons pas moins. Vous les aiderez à votre manière.
- Quelle sera-t-elle ?
- Vous les protègerez. Maître Skogam m'a entretenu hier de deux candidats au rang de Chasseur de Nécromancien. Avec l'appui de mes pairs Doyens, j'ai décidé d'accéder à leur requête. Maître Skogam lui-même a émis le souhait de les former et les mener. Malheureusement il a déjà été choisi pour reprendre les fonction de Maître Saran à la cour du Kaskor. C'est donc toi qui les mènera sur le continent. "

Arim ne put cacher sa surprise. Lui, un maître tout juste introduit, meneur d'une équipe de Chasseurs de Nécromanciens ? Un simple trio de novices ? Cet honneur avait un goût bien dangereux. Au combat la moindre erreur pouvait être fatale. Son propre Maître, Saran, qui aurait du être Doyen des années auparavant, avait payé de sa vie une telle erreur. Arim ne sut pas si Ajarielle lisait ses pensées où les devinait seulement à l'expression de ton visage.
" Maître Saran était un sorcier hors paire, et un combattant éprouvé. Cela ne lui a peut-être pas sauvé la vie, mais fait de lui le meilleur des instructeurs pour toi. Tu es jeune et puissant. Tu as en toi assez de force pour l'égaler, voire même le surpasser. Nous ne voulons pas te faire perdre plus de temps en entraînement. Le terrain sera ton école en la matière. Tu commanderas ces hommes, tu les mènera au combat.
- Je ne suis pas prêt.
- Tu nous a juré le contraire hier, et alors que tu étais encore sobre.
- J'étais prêt à... "

Il ne put terminer sa phrase. Prêt à quoi ? Il l'ignorait. Les Doyens l'avaient pris au mot. Il lui avaient accordé plus de confiance qu'il n'en avait en lui-même à cet instant. Dans un silence lourd de désespoir, la Doyenne lui fit signe de quitter la pièce. Son visage était de marbre, son regard sévère. Les Doyens avaient ordonnés, il devaient être obéis. La mine basse, Arim rejoignit la porte sans un mot. Alors qu'il ouvrait la porte, la voix d'Ajarielle le retint, légèrement radoucie.
" La tâche n'est pas si compliquée. Il te suffira de survivre. "

Après un ultime regard à cette beauté glaciale, le jeune Maître de l'Ordre de la Lumière sortit dans le couloir. Il croisa les habilleuses qui retournaient auprès de la Doyenne. Arim ne dit plus un mot de la journée, à personne. Il erra sur l'Île de l'Aube jusqu'au soir pour aller contempler le crépuscule du haut d'une falaise. L'Océan de Feu, et plus loin le continent d'Alagor. L'endroit où les Maîtres mourraient, trop souvent de mort violente. Son tour viendrait, il en était persuadé. Il passa une nuit sans sommeil, à fixer le plafond en repensant à toutes ses missions partagées avec Saran. La dernière en particulier. Son maître lui avait enseigné tout son savoir, toute sa technique de la magie et du combat. Il lui avait appris toutes les erreurs à ne pas commettre. Toutes sauf une, qui lui avait coûté la vie. Un homme puissant, si expérimenté, mort dans ses bras... Et lui, qui sera là pour accompagner son dernier soupir ?


À suivre...

_________________
"Nous avons tous besoin que l'on se moque de nous, de-ci de-là, ou nous ne tarderions guère à nous prendre trop au sérieux."
Tyrion Lannister, "Le Trône de Fer", Vol.1.
QVB ! Semper Pungnanti !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://touristesofchaos.forumactif.org
bonzo
Bonzo


Messages: 1508
Date d'inscription: 28/05/2009
Age: 26
Localisation: Hausse 95, azimut 34, distance 850 mètres.

MessageSujet: Re: Chroniques de l'Ère Sixième   Ven 30 Déc - 3:40

Un petit délire, comme ça... Et parce que je suis en retard...

Noël à Fort Rampant.

C'était la troisième nuit après le solstice d'hiver. Sous un épais manteau blanc le village était silencieux. Seul le vent froid soufflait, faisait craquer les branches et en faisait tomber la neige. Les flocons blanc dansaient dans les ténèbres opaques de cette nuit couverte. Sur les hauteurs, perché sur le chemin de ronde, Caéli semblait plongé dans ses pensées. Un brasero flamboyant dans le dos, le visage de marbre tourné vers l'obscurité. Au-delà de la forêt invisible sous l'horizon, les montagnes des Terres Mortes se découpaient dans une lumière pâle. La malédiction écartait même les nuages, pourtant les lueurs de la lune et des étoiles ne devaient pas être moins glaciales. Un froid de mort. Dressé là, en haut du mur, il semblait attendre. L'épais manteau de fourrure noir qu'il s'était jeté sur les épaules lui donnait un air trapu de gargouille. Il inspira à pleins poumons le vent glacé, puis exhala un épais volute qui se dispersa immédiatement.
" L'hiver vient, lâcha-t-il avec un mélange de crainte et de respect.
- L'hiver vient ?! "
Les deux mains tendues vers le brasero, Bonzo se dandinait d'un pied sur l'autre pour garder un peu de chaleur.
" Je sais pas à quoi tu carbures, vieux, mais t'en prends trop... J'te jure, l'hiver vient... Un mois et demi qu'on se pèle les roustons et une semaine qu'y neige... Hé ! Si tu le vois venir, l'hiver, tu préviens ! "
Caéli ne releva pas. Il reprit sa contemplation quelques instants.
" Où tu vas ?
- La relève arrive.
- Elle n'est pas encore là.
- Toi t'es là. "
Sur ce le vagabond s'engagea dans l'escalier. À mi hauteur il croisa Ecrelelf et Galym.
" Alors ? "
La fébrilité dans sa voix était née avec les premières neiges. Les réparations du fort avançant vaille que vaille, Arim avait offert de regrouper toutes les provisions et tous les habitants pour la durée des neiges. Tout ce monde entassé ne s'était pas pour autant mis au repos. Le chantier se poursuivait pendant les accalmies, d'autant plus vite que chaque pierre posée était un pas de plus vers une nouvelle pièce habitable. Comme il se devait, les Rampants devaient donc faire journée double en tant qu'ouvriers et sentinelles. Toutes ces contrariétés entre leurs rudes mission n'était pas du goût de tous, mais la nécessité avait ses raisons. D'un autre côté certains... deux ou trois... en fait un des aventuriers ne voyait pas les choses ainsi. Toutes les jeunes femmes du village en quête de chaleur, les hommes trop crevés et frigorifiés pour les soutenir dans cette épreuve.
Il avait suffit au vagabond d'évoquer le sujet autour d'une chope de bière. L'idée était tombée par mégarde dans l'oreille d'Ecrelelf, qui s'arrangeait déjà avec Galym pour faire péter des heures de boulot. Ajoutant à ces combines la perspectives de passer plus de temps en plaisante compagnie, notre association de malfaiteurs était née. Et jusqu'ici ils avaient réussi à gruger tout le monde. Le temps de se porter volontaires pour les tours de gardes, et de faire avec tous les bâtons qu'Arim leur mettait dans les roues, chacun avait trouvé sa place. N'étant pas de garde en première partie de soirée, Ecrelelf, Galym et sa charmante Krimhilde pouvaient s'amuser en laissant Bonzo se les geler dehors. La faute à Arim qui l'avait collé d'office avec Caéli, et à Caéli qui n'aurait rien pigé de l'intérêt du stratagème. Sans compter que le colosse taciturne et renfermé lui faisait de l'ombre.
" Veto sur Navalya ! prévint le demi-Elfe.
- Navalya c'est... la brune ?
- Non, c'est la blonde.
- La jumelle de Vanalya, précisa le ménestrel.
- Ok, alors Navyala c'est laquelle ?
- Mais qu'est-ce que tu viens parler de Navyala ? lança Ecrelelf. C'est la rousse, la plus grande. On a dit qu'on touchait pas parce que Linhir arrêtait pas de tourner autour en bavant.
- D'ailleurs il s'en est sort comment, ce soir ?
- Pas trop mal, il est passé à trois mètres d'elle, assura Galym avant de reprendre, plus modéré. D'accord : il ne l'avait pas vue, mais quand il a réalisé il n'a pas paniqué. C'est un progrès.
- Alors la brune c'est Lavyana, la deuxième.
- Ouais... Non... Si, c'est ça.
- Très malin de la part de leurs parents, remarqua le ménestrel.
- Toi tu t'en fous, t'as ta Krilhidme.
- Krymhilde, Bonzo. Et franchement je te plains. "
Après un soupir de rage, Bonzo reprit sa descente en marmonnant.
" Lavyana... Lavyana... Brune... Lavyana... Brune... Lavyana... Lavabrune... Lava... Ho non... Lava... Lava-nya ?... Non... Lavyana ? Lavyana !... Lavyana... Brune... Lavyana..."
Le vagabond ne cessa de répéter qu'à l'entrée du hall. Ce dernier avait été reconverti en réfectoire le temps de reconstruire le plafond de la salle de banquet. C'était donc un bordel constant et constamment occupé. Bonzo tablait sur le fait que passé minuit tous les enfants seraient couché, il avait vu juste. Il ne restait plus grand monde. La plupart des gens étaient regroupés autour des cheminées.
" Nous les Elfes on craint pas le froid, avait décrété Noriel deux semaines plus tôt. Nos maisons sont ouvertes toute l'année. "
Retour au présent, il avait suivi Kata au coin du feu. Krymhilde, en revanche, était quasiment au centre de la pièce. Les quatre sœurs étaient assise autour d'elle, et Linhir cinq mètre plus loin à préparer ses plans pour le lendemain. Bonzo se défaisait du manteau de sa garde de nuit, avançant du pas le plus confiant possible, quand un grand fracas se fit entendre. Les villageois sursautent, laissant échapper un cri pour certains. Les aventuriers présent bondirent, prêts à dégainer. Ils se consultèrent du regard.
" L'aile ouest ! lança Linhir. "
Les autres se ruèrent immédiatement vers les couloirs mais l'ex-éclaireur les arrêta.
" Stop ! Écoutez ! "
Le silence couvrit l'immense salle. Bientôt des bruits se firent entendre, tombant directement du toit. Des pas, et des sons plus lourds.
" C'est gros et c'est rapide. "
La porte s'ouvrit sur Galym et Ecrelelf, auxquels les autres firent signe de se taire. Les autres sentinelles ne tardèrent pas à arriver. Toutes lames dehors, ils attendirent.
" Un Dragon ? proposa Ecrelelf.
- Trop léger, répondit Bonzo.
- Un squelette de dragon ? risqua Galym.
- Ça ferait pas ce bruit, assura Justus Lucius.
- Si ça rentre pas, va falloir sortir, prévint Equitia. "
Soudain les cheminées se mirent à refouler un vent violent. Le courant d'air emplit la pièce, souffla bougies et torches. Même les brasiers, pourtant pleins de bois dévoré par les flammes, furent éteints par la bourrasque. Justus et Kentor firent jaillir le feu de leurs armes pour éclairer la grande pièce. Linhir sortit de sa ceinture un tube dont il frotta l'extrémité contre la table. Des flammes vertes et une épaisse fumée en jaillirent. Une autre lumière arriva du couloir. Arim, la canne levée, qui amenait les villageois réveillés par le boucan.
" Ce truc a atterrit sur le seul toit qui tient encore debout ! Qui l'a laissé passé ?!
- J'étais plus de garde, signala Bonzo.
- On y voit que dalle dehors, répondit Justus. Et si ça se trouve il vient du nord.
- Tu veux dire le seul coin où personne a voulu monté la garde parce que "de toutes façons faut grimper la montagne et la descendre en rappel, on se fera pas attaquer par là" ?
- Ça va encore être ma faute, lâcha le vagabond.
- On peut pas rester comme ça ! pressa Charnat.
- Faut mettre les enfants à l'abri ! rajouta Kata.
- Ouais ! Ou on monte sur le toit !
- Pas la peine ! "
La voix était inconnue, elle venait de la cheminée. Dans la pénombre une silhouette massive avançait prudemment entre les bûches à demi consumées. Un grand et gros barbu, habillé bizarrement. Il porte un bonnet rouge bordé de fourrure blanche, un manteau rouge bordé de fourrures blanche, un pantalon rouge, d'épaisses bottes et une ceinture de cuir à boucle d'or. À peine sorti de la cheminée il s'y pencha pour une dégager un énorme sac.
" C'est qui, lui ? s'informa Tombstone.
- Un ami ! "
Soudain toutes les bogies et torches se rallumèrent. Du bout de la salle arrivait une petite silhouette, elle aussi inconnue. Aussi avachie qu'un Gobelin, à peine plus grande, semblant écrasé par d'épais manteaux noirs. Ceux qui lui avaient déjà parlé reconnurent l'Exilé à à voix, les autres à l'aura inquiétante qui émanait de lui. L'Exilé se fraya donc facilement un passage à travers la foule pour rejoindre l'inconnu en laine rouge et fourrure blanche. Ce dernier sortit de son sac un gros pavé emballé dans du papier coloré. Deux mains décharnées jaillirent de la masse de tissu noir pour prendre le paquet.
" C'est ce que je crois ?
- À ton avis.
- On se revoit sur le live, tocard. "
Sur ce l'Exilé repartit comme une flèche avec son paquet. L'inconnu se retrouva donc seul avec les villageois et les aventuriers qui n'avaient strictement rien pigé à l'affaire. Il envoya aussi sec son plus grand sourire et ouvrit grand son sac.
" Cherchez pas à comprendre, c'est le jour des cadeaux. "
Et sur ce il commença à appeler des gens pour leur remettre un paquet à chacun. Plus il y en avait, plus l'impatience montait chez les autres. Chacun ouvrit son paquet pour découvrir quelque chose qu'il voulait, ou dont il avait besoin. Ayant rengainé, comme tout le monde, Bonzo attendit à l'écart de la foule. Un gros barbu qui déboulait pour filer des trucs, qui était de mèche avec l'Exilé, et ça choquait personne. Soudain une jeune femme brune s'échappa de la foule d'un pas dansant. Elle rayonnait littéralement quand elle se planta devant le vagabond, un large paquet plat déjà ouvert dans les bras. Bonzo fut soudain prit de panique. Il vit soudain le gros barbu étirer une banderole portant le nom "Lavyana".
" Lavyana ! Justement je te cherchais.
- T'as vu ? Il m'a offert une robe ! Une vraie robe ! Pas un truc que ma mère a cousu avec des vieux sacs à patates !
- C'est la moindre des choses pour une fille comme toi.
- Je vais l'essayer ?
- J'ai hâte de voir ça.
- Alors t'as qu'à venir, tu me diras ce que t'en penses. "
Avec un regard insistant la jeune femme s'écarta du vagabond. Il la laissa prendre la tête, le temps de lever un pouce à l'attention du barbu. Ce dernier répondit d'un clin d'œil. Juste à côté de lui Charnat sautait de joie.
" D'la graisse de Piétineur ! De la Tribu des Colosses de Pierre !
- Toute cette agitation pour de la graisse ? hasarda Galym qui essayait sa nouvelle paire de bottes trop classe et confortable, même pour courir avec la garde aux miches.
- La meilleure graisse du continent, fit Equitia. Avec ce qu'il dans les mains ils sera mort avec que sa hache ait une trace de rouille.
- Nom d'un baleine volante !
- Linhir ? "
L'ex-éclaireur de la Légion Royale tenait à deux mains un épais volume relié de cuir. L'ouvrage semblait de facture ancienne, et pourtant parfaitement conservé.
" Sa mère la pub ! C'est...
- C'est quoi ? "
Linhir alla se plan ter devant l'inconnu qui distribuait toujours.
" C'est le "Traité de Métallurgie Hybride" ? Celui de Baragor et Kel'Faërys ? Avec les alliages nains, elfes et toutes leurs formules bâtardes ?
- Ouaip.
- Nom d'une baleine volante et d'sa mère la pub !... Vous faites aussi les anniversaires ?
- Je t'ai laissé de quoi t'amuser à la forge.
- Faut que j'me sauve, j'ai laissé du métal sur le feu. "
Sans perdre une seconde de plus Linhir foutut le camp, bras nus.
" Il va encore choper la crève, soupira Equita.
- Tient ! Tes cadeaux ! "
L'Elfe aux cheveux bleus accepta avec une certaine hésitation ce que lui tendait le barbu. Une botte de carotte, un paquet de gâteaux et un morceau de viande rouge.
" C'est de la part de tes chevaux, crut bon d'ajouter le gaillard.
- J'en avais la vague impression. "
D'un paquet à l'autre, le sac finit complètement vide. Alors que le barbu le repliait, Ecrelelf approcha.
" Et moi ? J'ai pas de cadeau ?
- Si.
- Et il est où ?
- Dans la poche de Bonzo.
- On va passer une bonne soirée, sourit le demi-Elfe avant de filer. "
Et ainsi, ayant accompli son œuvre, l'étrange personnage s'engouffra à nouveau dans la cheminée. On ne sut ni d'où il venait, ni pourquoi. Mais ces interrogations ne firent pas grand poids face à la joie qui s'était emparé de la sombre forteresse...




_________________
"Nous avons tous besoin que l'on se moque de nous, de-ci de-là, ou nous ne tarderions guère à nous prendre trop au sérieux."
Tyrion Lannister, "Le Trône de Fer", Vol.1.
QVB ! Semper Pungnanti !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://touristesofchaos.forumactif.org
 

Chroniques de l'Ère Sixième

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2

 Sujets similaires

-
» Le sixième sens.
» un blog génial : chroniques de 2 consommatrices repenties
» maladies inflammatoires chroniques de l'intestin
» Maladies chroniques : Sarkozy veut renforcer le rôle des mutuelles.
» Les Chroniques de Mornéa / Galeon

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Touristes Of Chaos :: Zone Touriste :: Autour du Rp-